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Retrouvez mon intervention sur RMC Radio Brunet : Laurence Sailliet, porte-parole des Républicains, reproche au gouvernement ses « postures » concernant la gestion des prisonniers radicalisés qui vont bientôt sortir libres. « Ils n’arrivent pas à admettre qu’il faut changer la loi ».

Une « vague » de sorties de prison qui inquiète. Les détenus radicalisés qui s’apprêtent à sortir de prison après avoir exécuté leur peine constituent « un risque majeur » a expliqué lundi le procureur de Paris François Molins. Une alerte à prendre au sérieux alors qu’il appelle à une meilleure communication entre les services pour prévenir la récidive.

Selon lui, une vingtaine d’entre eux vont être libérés en 2018 et une vingtaine en 2019, comme il l’a expliqué lors d’un entretien sur BFMTV. « On court un risque majeur qui est celui de voir sortir de prison à l’issue de leur peine des gens qui ne seront pas du tout repentis, qui risquent même d’être encore plus endurcis compte tenu de leur séjour en prison ».

Laurence Sailliet, porte-parole des Républicains, invitée de Radio Brunet ce mercredi assure que cela fait “plusieurs mois que (sa famille politique) alerte sur le sujet”. Si Thibaut de Montbrial, président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure assure que ces détenus seront surveillés à leur sortie, cela ne suffirait pas pour elle. La responsable politique tance le gouvernement et les députés de la majorité qu’elle taxe d’arrogance sur la forme.

« Quand on sait que les gens sont dangereux il faut les mettre hors d’état de nuire »

« Je suis consternée d’entendre Mme Belloubet (ministre de la Justice) et M. Houlié (député) car ils ne veulent pas bouger de leur posture, ils ne veulent pas écouter d’autres propositions faites par l’opposition. »
Concernant le fond, Laurence Saillet n’est pas plus impressionnée par les actions de l’exécutif face à la menace que représente les détenus radicalisés.

« Ils expliquent en fait qu’on peut laisser en liberté des gens, et qu’ils ont le sentiment que tout se passe bien. Bien sûr que non ce n’est pas le cas ! Nos services de renseignement sont absolument débordés. Donc à chaque fois que l’on sait que les gens sont dangereux, il faut les mettre hors d’état de nuire. »
« On ne pourra pas toujours expliquer à ces pauvres victimes que l’on a choisi la liberté, qu’on a choisi l’état de droit »

Selon elle, la loi doit être plus sévère avec les détenus radicalisés même s’ils ont fini de purger leur peine de prison.

« Je trouve ça désolant et consternant. Je ne comprends pas qu’ils n’arrivent pas à admettre qu’il faut changer la loi. C’est à la loi de s’adapter au risque terroriste, et ce n’est pas le contraire. Brandir l’état de droit, c’est absolument démagogique. L’état de droit ce n’est pas quelque chose qui est figé dans le marbre. C’est quelque chose qui doit évoluer. La mission régalienne de l’Etat est de protéger les Français, et aujourd’hui, le gouvernement et le président de la République n’assument absolument pas cette mission. 90% des Français le disent, mais non, ils restent sur leurs postures. Je pense qu’ils vont bientôt être acculés parce qu’on ne pourra pas toujours expliquer à ces pauvres victimes que l’on a choisi la liberté, qu’on a choisi l’état de droit, et surtout qu’on a choisi de dire que ce que l’on a fait c’est bien. Non, ce n’est pas suffisant. »